mercredi 10 janvier 2007

Véronique Mathieu Députée européen


Madame la Députée,


Vous avez été élue Députée européen pour la première fois en juin 1999, réélue en juin 2004, l'Europe est votre seul madat électif à ce jour, pourquoi le Parlement européen ?


VM - Responsable de plusieurs associations cynégétiques depuis de nombreuses années, la défense de ce loisir m'a conduite naturellement vers un premier mandat au parlement européen puisque les difficultés des chasseurs français viennent de la directive européenne 79/409. J'ai appris à connaitre cette institution durant cinq ans, ses arcanes, ses méthodes de travail, son pouvoir croissant. Je m'y sens particulièrement à l'aise pour faire un travail de fond d'autant plus important qu'aujourd'hui 80 % de notre législation nationale est européenne. Ensuite j'essaie d'expliquer sur le terrain ce que l'Europe fait et comment elle le fait, je considère que les élus européens ont un devoir d'explication à l'égard des citoyens sans lesquels l'Europe ne peut se construire.


Depuis les élections européennes de juin 2004 vous avez rejoint le Parti Radical, pourquoi avoir choisi ce mouvement et qu'en attendez-vous ?


VM - J'ai effectivement rejoint le Parti Radical après mon élection au mois de juin dernier car je pense que ce parti, historiquement encré dans le paysage politique français, à une tradition de dialogue et d'ouverture. Pour faire avancer les idées, il faut argumenter et débattre, que ce soit sur le terrain ou dans les partis politiques, car plus échange est important, plus les idées sont riches, c'est aussi cela le signe d'une démocratie en bonne santé, ce à quoi je suis très attachée.


Aujourd'hui une question est au coeur du débat, c'est bien sûr l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, quel est votre positionnement sur ce sujet ?
Cela fait maintenant six mois que dix pays ont rejoint l'Union, quel bilan pouvez vous tirer à ce jour de leur arrivée ?


VM - Ces deux questions ne peuvent être dissociées.. Je me suis très largement exprimée sur mon positionnement concernant l'élargissement des le début des négociations.
Les dix nouveaux entrants n'étaient pas prêts pour adhérer le 1er mai dernier, j'en veux pour preuve les différents rapports d'étape de la commission qui, bien qu'elle admettel'insuffisance de préparation de la plupart d'entre eux, et ce malgré de très gros efforts de leur part la commission a soutenu qu'il fallait qu'ils adhèrent dans le calendrier prévu ! Il n'y a qu'à voir l'utilisation qui est faite des fonds européens relatifs aux deux principaux budgets : le budget de la politique agricole commune et le budget des fonds structurels. D'un côté, l'état d'impréparation notamment eu égardaux structures de gestion et de contrôle, bloque le versement des fonds qui leur sont réservés. Et de l'autre les nouveaux pays ont les bénéfices directs et de leur adhésion en terme d'accès aux nouveaux marchés alors qu'ils n'ont pas les mêmes obligations que nos producteurs traditionnels, ce qui crée une concurrence déloyale et renforce les difficultés déjà fortes du fait de la mondialisation.
En ce qui concerne la Turquie, c'est la même chose si ce n'est qu'elle n'est pas européenne, mais par sa géographie, ni par sa culture. Qu'un pays qui n'est traditionnellement pas européen est vocation à devenir une des premières puissance politique en Europe, et parallèlement voir le pouvoir de la France décliner me paraît aberrant intellectuellement et dangereux politiquement ! Par contre, organiser rapidement un partenariat privilégié avec la Turquie m'apparaît indispensable pour concrétiser les liens qui nous unissent depuis plus de 40 ans.


Depuis plus de cinquante ans la construction européenne a parcouru un chemin énorme jalonné de succès, d'espoirs mais aussi d'échecs et d'embûches. Comment voyez vous l'avenir de l'Union dans les proches années et à plus long terme ?


VM - L'Europe me paraît parfois aller trop loin et trop vite : la méthode Coué a ses limites. Lorsque les représentants élus demandent aux fonctionnaires nommés de respecter leurs engagements, ils doivent le faire ; c'est le sens de l'échange que nous venons d'avoir avec la première proposition de Commission de M. Barroso !
L'Europe doit se faire avec les peuples et non contre eux car trop d'Europe sans l'avis de ses concitoyens risque de tuer l'Europe. Consulter et ne pas aller trop vite doivent être des lignes de conduite pour faire avancer cette Europe dans le bon sens, c'est en tous les cas mon sentiment conforté par ce que j'entends sur le terrain .

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